Voilà, le nouveau venu est à la maison, que faire maintenant ?
Le développement du chien :
Celui-ci se fait en plusieurs stades critiques et imbriqués les uns dans les autres. Il faut savoir qu’il existe divers stades avant la naissance, à la naissance et par après mais comme vous n’adopterez pas de chiot avant ses 7-8 semaines, nous allons nous intéresser essentiellement des différents stades à partir de cette période.
De 7-8 semaines à 3 mois :
Période pré-juvénile critique où se passe la socialisation primaire.
L’arrivée :
Tout doit donc être prêt comme je l’ai précisé
dans le premier chapitre. Avant de lui montrer les lieux, faites-lui faire ses
besoins ! Montrez alors son nouveau lieu de résidence, les pièces
où il pourra aller, son lieu de couchage et laissez-le explorer et sentir
partout ! Offrez-lui une collation, puis sortez-le à nouveau pour les
besoins. Dés qu’il sentira le sommeil venir, encouragez-le à
se rendre dans son lieu de repos… La vie de famille-meute commence ici
!
Que se passe-t-il comme développement comportemental ?
Nous sommes dans la période de socialisation dites « primaire »
du chiot et elle est… la plus importante ! Celle-ci s’espace de
3 semaines à 3 mois. Et par socialisation, on entend « apprentissage
des relations sociales ». Cette période est importante car cet
apprentissage se fera aisément, s’oubliera difficilement et orientera
le caractère social et sexuel de votre chien une fois adulte ! C’est
une période critique où votre chiot apprendra :
- Son identité : Un chiot ne sait pas qu’il naît «
chien » comme la plupart des animaux par ailleurs (NB : Un test fait avec
un œuf de poussin prêt à éclore près d’un
arrosoir qui tournait montra que le poussin s’identifia à l’arrosoir
comme étant sa mère et le suivit partout !), vous comprendrez
donc qu’il doit identifier les chiens comme étant de son espèce
! Cette identité se forge entre 3 et 8 semaines pendant une période
dites « d’imprégnation » où le chiot est en
contact avec sa mère et ses frères et sœurs de la portée
auxquels il s’identifie. Un chiot adopté avant 6 semaines ou élevé
au biberon et n’ayant connu aucun de ses congénères montrera
des perturbations d’identité.
- Qui sont les individus amis : Ce sont les individus que le chiot rencontrera
pendant cette socialisation qui lui apportent un avantage quelconque (le jeu
par exemple) mais pouvant être aussi passifs (rencontrés au coin
d’une rue sans contact direct) et qui sont différents de son espèce
(donc, du chien) : Les humains, les chats, les chevaux, etc. Le chiot apprendra
à se socialiser à eux, c’est à dire deviendra désireux
de communiquer avec ces espèces. Si l’individu apporte des désavantages
(douleur, frayeur), il sera par contre considéré comme espèce
ennemie ! Et étant donné que le chien identifie des caractères
supra-individuel, il peut classer en ennemi des humains par exemple de petite
taille, barbu, ou encore les enfants ou les femmes, porteurs de chapeau, de
lunettes, de couleur, etc. S’il existe un manque de socialisation aux
espèces amies, le chien exprimera simplement un rejet envers ces espèces
: s’il s’agit d’un manque de socialisation totale à
l’humain, le chiot sera jugé « peureux »: il restera
à distance, fuira, voir voudra mordre par peur ! Il peut aussi exister
un manque de socialisation partielle humaine: alors le chien n’identifie
pas « un type » de personne. J’ai eut plusieurs cas de ce
genre, le chien peut alors éviter ou être agressif envers des personnes
: obèses, de petites tailles, etc. Dans le concept de l’individu
ami, le chien apprend à aimer une espèce comme nous, humains,
apprenons à aimer un chat, un chien, un oiseau. Par là, il est
tout à fait absurde de dire que telle ou telle race est plus affectueuse
envers un enfant, cela s’apprend ! Le chien n’apprend pas si l’humain
est son ami, il apprend quel type d’humain est son ami, ainsi, pour un
chien, une femme, un homme ou un enfant ne font pas partie du même concept
! Pour le chien, se sont trois espèces distinctes… Un chien n’ayant
jamais été exposé à l’humain fait alors de
l’homme : un individu ennemi, et de l’enfant… un gibier potentiel
! De tels chiens seront alors considérés comme canidés
sauvages. Il en est de même, à un détail près avec
les animaux : un chien apprend quels sont ses amis animaux s’il est exposé
à eux, si cela n’est pas le cas : le chien seul considérera
que le chat est un gibier (suffisant pour lui-même) et plusieurs chiens
considéreront qu’un animal plus gros (suffisant pour tous) est
un gibier ! Le chien sait faire la distinction entre des espèces (entre
un chat et un lapin, par exemple) mais aussi par genre (un chat noir et un chat
blanc)… Un chien exposé à un chat blanc mais jamais à
des chats noirs considérera qu’un chat blanc est une espèce
amie mais un chat noir restera un gibier…
- Son seuil d’homéostasie sensorielle : c’est un seuil de
stimulations sensorielles à ne pas dépasser pour maintenir un
bien-être émotionnel au chiot ! Ainsi, un chiot âgé
entre 3 semaines et 3 mois doit être habitué à toutes sortes
de stimulis sensoriels : le bruit, l’orage, les pétards, bruits
urbains etc. pour l’ouïe ; Caresse, pincements, promenades en laisse,
etc. pour le tact ; Les différentes odeurs quotidiennes pour l’odorat
; Différentes luminosités jusqu’au noir pour la vue…
Plus le chiot aura été en présence de tels stimulis plus
son seuil d’homéostasie sera haut, plus il sera sociable, plus
il sera facile à éduquer ! Un chien ayant fixé un seuil
d’homéostasie très bas car son milieu n’était
pas riche en stimulis sensoriels peut développer des phobies, de la peur
ou de l’anxiété et, dans tous les cas, un blocage des capacités
d’apprentissage ! On parlera alors de « syndrome de privation »,
c’est la thérapie la plus lourde en matière d’éthologie
canine, c’est pourquoi il faudra exposer vos chiots aux plus de personnes
possibles qui caressent et jouent avec votre chien, que votre environnement
soit riche en stimulis sensoriels, l’habituer aux plus d’animaux
possibles, etc.
L’enseignement :
Avant qu’il n’ait atteint ses 3 mois, votre chien aura acquis :
La propreté : S’il existe bien un savoir-vivre que demande obligatoirement
l’humain à son chien c’est bien celui-ci ! Le chien s’éduque
à la propreté entre 8 semaines et 15 semaines. Et non, ce n’est
pas trop tôt ! Par contre, si vous ne vous y prenez pas assez vite, l’enseignement
à la propreté prendra plus de temps !
En effet, à partir de 8 semaines, le chiot repère les lieux d’éliminations
et en distinguera des préférences… A 15 semaines, cette
préférence sera quasi-définitive, c’est pourquoi,
il est préférable de commencer par éduquer son chien à
la propreté dés 8 semaines! Il faut savoir qu’un chiot élimine
toutes les heures durant la journée et toutes les 3 à 4 heures
durant la nuit. A 8 semaines, le chiot est déjà « propre
» pour lui-même : il ne va pas faire ses besoins là où
il dort ni là où il mange mais il est moins aisé de comprendre
pourquoi il ne peut pas faire ses besoins dans la cuisine ou dans le salon !
Comment devez-vous procéder pour lui apprendre la propreté ?
- Le chiot atteindra facilement son espace « toilettes » pendant
la nuit : il sera à distance d’un mètre environ de sa gamelle
et de son espace « dortoir ». Par ailleurs, son espace sera réduit
à ceux-ci pour la nuit !
- L’espace « toilettes » sera constitué d’un
bac à litière à sa taille qui sera régulièrement
nettoyé au vinaigre blanc dilué et non avec des détergents
à base de savon noir et de javel. Evitez le papier journal… Pourquoi
? Tout simplement car un chiot de moins de 15 semaines est conditionné
aux lieux d’élimination à odeur. En lui donnant du papier
journal, vous conditionnerez votre chiot à éliminer aux endroits
où son odeur d’urine est présente mais dés qu’il
aura atteint 15 semaines, même avec de longues promenades, il se retiendra
pour continuer à faire dans son espace « toilettes » même
si le papier est alors absent or, ce n’est pas le but recherché
!
- Pendant la journée, en votre présence, observez votre chiot
: dés qu’il trépigne un peu et renifle le sol, portez-le
dehors ou dans son lieu d’élimination ! Récompensez-le d’une
caresse ou d’un biscuit (tout ceci d’un ton enjoué «
c’est bien ca mon chien » etc.) dés qu’il a éliminé
à l’endroit convenu.
- Si le chiot élimine dans un lieu inconvenant, interrompez son élimination
en le conduisant là où vous voulez qu’il fasse, en ne vous
fâchant pas. La colère n’est jamais éducative.
- Sortir le chiot une ou deux fois la nuit. Il ne faut pas le forcer à
se retenir plus de 6 heures.
- Sortez ou jouez avec votre chiot seulement s’il a éliminé
dans un endroit convenable. Sinon, il risque de demander pour sortir pour n’importe
quelle raison ! Il sera sorti pour l’élimination toujours par la
même porte… De cette façon, lorsqu’un besoin se fera
sentir, le chien demandera devant cette porte.
- Régularisez les repas ! Donnez les repas aux mêmes heures, tous
les jours. Puis sortez le chiot et attendez qu’il élimine. Et ne
donnez pas des encas entre les repas…
- Si le chiot commence à faire besoin sous votre regard, dites un «
non » ! Catégorique, sans crier, sans colère. S’il
ne s’arrête pas, lancez un objet dans sa direction. Puis prenez-le
affin de le conduire à l’endroit approprié. Sans punition.
- Quand il y a eut souillure, désaffecté avec du vinaigre blanc
dilué qui masquera complètement l’odeur.
Obéissance, le rappel : Un chiot doit apprendre son nom avant l’âge
de trois mois, c’est pourquoi, il est préférable de l’appeler
par son prénom et non pas par des substituts (mon chien, mon gamin, mon
gros, etc.). Les prénoms de chien possèderont de préférence
1 ou 2 syllabes, à partir de trois syllabes, les chiens retiennent moins
bien les mots et même son nom. Si votre chiot vient vers vous dés
l’appel de son prénom, récompensez-le par des caresses et
en lui répétant d’une voix enjouée que c’est
bien. La compréhension de son prénom se fait naturellement chez
le chiot.
Apprenez à votre chiot à marcher en laisse : Après 3 mois,
un chiot risque de ne pas accepter une laisse, il se mettra alors sur son postérieur
et ne voudra pas bouger… Il peut même se laisser traîner.
Vous devrez donc lui apprendre avant ses 3 mois que la laisse, c’est synonyme
de promenade qui elle-même est synonyme de besoins qui lui sera synonyme
de récompense ! Les besoins en promenade deviendront alors un vrai plaisir
pour le chiot et il apprendra à se retenir pour ne faire qu’en
promenade. Lors de cette promenade en laisse :
- Ne tirez pas sur celle-ci pour éviter un chat, un autre chien, des
personnes, des voitures, etc. Pourquoi ? Car le chiot risque de sentir que cette
rencontre n’est pas souhaitable et donc, une fois adulte, il voudra courir
après les chats ou les voitures, aboiera sur les autres chiens, voudra
sauter sur des personnes,… ou pire encore : en aura peur ! Votre chiot
devra donc être conditionné à ce genre de rencontre.
- S’il tire en laisse, tirez vous-aussi mais de l’autre côté
en lui répétant « ne tire pas » ou encore donnez un
coup sec dans la laisse si elle est métallique en répétant
toujours « ne tire pas ». Un moyen efficace si vous voulez apprendre
à un chien à marcher « au pied » consiste à
acheter un « collier étrangleur ».
La punition correcte :
- Est un acte éducatif : Pas de punition intempestive pour n’importe
quoi !
- S’administre sur le fait : Et non 2 minutes après le fait ! Non
pas qu’il ait « oublié » comme pense certaines personnes
mais tout simplement car l’erreur commise ne sera plus associée
à la punition. Ainsi, punir un chiot qui a souillé à un
endroit inconvenant, une nuit après l’acte en lui mettant le museau
dans sa souillure n’est pas intelligent du tout : le chiot va se dire
« je ne peux plus faire pipi ici » (mais 10 cm plus loin je peux
!).
- Apporte toujours un désagrément : Le chien recommence les actes
qui lui ont procuré du plaisir et évitent ceux qui lui procurent
des désagréments comme : la douleur, la privation d’attention
sociale, etc. Mais jamais un cri car ceux-ci n’ont aucune signification
pour le chien !
- Est centrée sur la cible concernée : Si l’acte fautif
fut commis sur un humain, la punition sera administré par l’humain
en lui-même, si elle fut commise sur un objet, elle sera donnée
par l’objet ou par quelque chose d’inconnu…
- Ne pas récompenser systématiquement ! La récompense peut
être une caresse, un regard, une attention ou un biscuit mais il ne faut
pas en abuser ! Par exemple, dans un donné de patte, certains propriétaires
vont se dire : « il donne la patte, que c’est gentil », et
hop ! On récompense le chien par un biscuit… Dans cet acte, les
maîtres croiront qu’ils ont appris à leur chien à
donner la patte mais en fait, c’est le chien qui a appris à son
maître à donner un biscuit ! Au début, vous pouvez récompenser
un chiot systématiquement mais par après, ne récompensez
que deux fois sur 6 par exemple !
Exemples de punitions correctes :
- Le chiot détruit : disposez aux endroits que le chiot a l’habitude
de détruire des pièges à souris tournés à
l’envers. Le bruit du « clac » dés l’approchement
du chiot lui donnera l’impression que l’objet le punit.
- Le chiot a mordu une personne : Cette personne punit elle-même le chiot
en l’attrapant par la peau du cou et en le secouant. Ou alors, la personne
frappe d’un léger coup (tape aux fesses) –n’exagérez
pas tout de même- le chiot… En fait, la meilleure solution serait
de mordre à son tour le chiot mais peu de personnes seraient capables
de le faire !
- Le chiot a mordu un autre chiot : Laissez la punition se faire entre congénères
! Ou, lancez dans la direction de votre chiot un verre d’eau puis dés
qu’il se retourne, faites l’innocent, il ne doit pas savoir que
la punition vient de vous affin de ne pas le défavoriser face à
son congénère dans leur hiérarchie.
- Le chiot a souillé la maison devant vous : Ignorance et indifférence
de votre part pendant une demi-heure minimum !
Exemples de punitions incorrectes :
- Le chiot détruit : Frapper le chiot à l’aide d’un
papier journal… Le chiot ne comprendra pas pourquoi du papier journal
le frappe alors qu’il attaque un chambranle de porte, il ne fera pas l’association
entre les deux !
- Le chiot a mordu une personne : Intervention du maître… Une nouvelle
fois, le chiot ne comprendra pas pourquoi son maître le punit alors que
ce n’est pas à lui qu’il a fait du mal !
- Le chiot a mordu un autre chiot : Intervention du maître qui le tient
en soumission devant l’autre chiot. Par cette acte, le maître fait
comprendre qu’il est le chef de meute mais surtout que son chien est soumis
alors que celui qui assiste à la scène est plus dominant que celui
qui est soumis à l’instant : Disputes s’en suivront !
- Le chiot a souillé : Punition après l’acte en criant.
NB : Une punition n’empêche jamais un chien d’aimer son maître.
Une claque est bien souvent salutaire même si celle-ci se fait par la
« main qui caresse », auparavant, on conseillait aux personnes de
corriger son chien à l’aide d’un journal roulé (pour
que l’on évite de donner une fessée avec la même main
qui caresse !), aujourd’hui, nous savons que cette punition n’est
pas idéale, tout simplement car dans une meute, le chien lèche
et mord avec la même gueule ! Donc, vous-même, vous pouvez caresser
et mettre une claque de la même main. Vous personnaliserez cette claque
par rapport au gabarit du chien, son âge, etc. La claque est efficace
même si non douloureuse car elle est surprenante !
Les rituels :
- Soumission : obligé le chiot à rester couché sur le dos
en le basculant sur le flanc en le tenant par la peau du cou et le maintenir
dans cette position. S’il bouge, grognez !
- Apaisement : Le chien vient donner la patte spontanément ou encore
incline la tête sur le côté ou vient calmer son maître
irrité et se présente légèrement accroupi…
Pour apprendre ce rituel, ignorez votre chien lorsque vous rentrez du boulot,
etc. et ne lui donnez de l’attention que lorsqu’il adopte cette
posture
- Inhibition de la morsure : si votre chiot mord trop fort (qu’il n’a
pas assez d’autocontrôle de sa morsure), pincez-lui le cou jusqu’à
ce qu’il crie.
De 4 à 6 mois :
A partir de 3 ou 4 mois et jusque la puberté, le chien passe par une période juvénile, qui est, autant que chez l’humain, une période difficile ! La socialisation devient secondaire.
Que se passe-t-il comme développement comportemental ?
Cette période de socialisation secondaire est elle aussi une période
d’apprentissage mais déjà, l’enseignement du chiot
devient plus lent. C’est une phase d’intégration des informations
recueillies pendant la période précédente : donc, si la
socialisation du chiot fut riche, le chiot continuera à évoluer
normalement, si celle-ci fut restrictive, le chiot pourrait développer
des craintes par rapport à des nouveaux stimulis… C’est aussi
une phase de distanciation normalement, par rapport à la mère,
mais puisqu’il est chez vous, se fait se fera par rapport à vous
! C’est une phase où il apprend mieux la hiérarchisation
alimentaire. Le chiot commence à avoir des comportements de groupe et
donc, il faudra lui apprendre, comment se passe cette hiérarchisation
sous votre toit !
L’enseignement :
La hiérarchie de la famille-meute :Le chiot :
- Dormira à une place qui lui est réservée : ni en hauteur
(palier, lit, divan) ni dans une pièce de passages fréquents (cuisine,
hall, chambre, salon). Ses places tendent à donner une place dominante
à votre chien, c’est pourquoi il est préférable d’éviter
de futurs conflits de ce genre : un chien ayant l’habitude de dormir sur
un lit se donnera un droit à la première place d’alpha,
et donc, d’entrer en conflit avec lui ! Un jour, ce chien grognera sur
son maître en étant sur le lit alors que ce dernier aimerait bien
aller dormir…
- Mangera après tous les humains : dans une meute de loups, les dominants
mangent toujours avant les autres !
- Ne recevra pas de nourriture à table même s’il mendie.
Surveillez vos enfants qui auront souvent tendance à donner un morceau
de viande sous la table en cachette…
- Acceptera sans menace que vous repreniez sa gamelle ! Au début, il
y aura certainement une menace, la meilleure méthode étant alors
de soumettre le chien par la peau du cou et de reprendre la gamelle en même
temps… Redonnez la gamelle et recommencez : et oui ! Il ne grogne déjà
plus ! Vous avez eut une victoire sur votre chiot et il n’est pas près
de recommencer un tel comportement et vous remarquerez que cela s’apprend
vite ! NB : Un chiot soumis à son chef de meute aura tendance à
manger très vite, le « museau dans sa gamelle », cela est
typique chez les individus soumis des meutes de loups : le soumis a peur qu’un
dominant lui reprenne sa nourriture (il en a le droit) et donc, il se dépêche
de manger, le dominant ne regarde jamais un soumis manger ! Par contre, le dominant,
mange très lentement et sous le regard des soumis ! Donc, dans votre
famille, votre chien vous regardera manger sans recevoir à table mais
lui, ne sera pas regardé lorsqu’il mange ! NB2 : Les chiens ont
souvent une petite astuce qui semble fonctionner : la pitié… Certains
chiens ont le don pour cela (Basset Hound en particulier et toutes les races
de chien à oreilles tombantes mais même les autres races y arrivent,
toutefois, avec moins d’expression !) de vous regarder « tristement
», c’est un leur, ne vous laissez pas duper et ayez la volonté
de résister !
- Ne passera pas une porte avant son maître.
- Ne sautera pas sur les humains ! Ni les « mordillera » !
- Ne privilégiera pas une seule personne mais tous les humains sous le
même toit !
La distanciation par rapport aux membres de la famille : Votre chiot devra apprendre
à ne plus vous suivre 24h/24 ! A cette période, si le chiot était
encore près de sa mère, elle s’éloignerait activement
et le moindre chiot trop « envahissant » qui la suivait, se retrouvait
réprimander ! Faites de même… Si un chiot ne s’habitue
pas à cette distance, il peut devenir un chiot hyper-attaché et
présenter une anxiété de séparation !
Obéissance, les ordres de base : C’est à partir de maintenant
que votre chiot peut apprendre les mots « assis » « couché
» « ici » « donne la patte », etc. et jamais sous
la colère ou la contrainte! Un ordre ne sera pas crié. Vous pouvez
faire cet enseignement vous-même ou vous rendre dans un club de dressage.
Apprendre :
- « Assis » : Poser votre main gauche sur la poitrine du chiot et
votre main droite sur son arrière train, appuyez sur son arrière
train en disant « assis » jusqu’à ce qu’il accepte
la manœuvre et qu’il soit dans la bonne position. Répétez
la manœuvre. Puis essayez de lui dire sans le manœuvrer : S’est-il
assis ? Félicitez-le d’un ton enjoué, caressez-le, faites-lui
sentir que vous êtes super heureux qu’il vous ait écouté
! Il ne s’est pas assis ? On ne punit pas ! On ignore et on recommence
les manœuvres. Plus tard, lorsque votre chiot aura bien appris à
s’asseoir, accompagnez votre voix d’un geste : par exemple, pour
« assis » levez l’index en l’air. Un jour, vous ne lui
demanderez rien et vous montrerez cet index et il va s’asseoir ! Votre
chiot aura appris à associer un ordre visuel à un acte et il vous
écoutera à distance sans que vous ayez besoin de vous égosiller.
- « Couché » : Attachez-le en laisse, tenez le bout de la
laisse dans votre main gauche et une partie passera sous votre pied. Demandez
à votre chien de s’asseoir. Tirez sur la laisse en disant «
couché » OU ENCORE, sans laisse, dites « couché »
en appuyant sur ses épaules pour qu’il adopte la position. Faites
de même que pour précédemment.
- « Donne la patte » : Manoeuvrez en prenant vous-mêmes sa
patte dans votre main et en disant donne la patte, répétez la
manœuvre plusieurs fois puis demandez-lui « donne la patte »
en tendant votre main sans le manœuvrer. Faites de même que pour
les ordres précédents.
- « Ici » ou « au pied » : Tenez votre chiot en laisse
et dites « ici » ou « au pied » lorsqu’il est
à bonne distance de vous, répétez plusieurs fois sans jamais
crier. Dés qu’il revient, félicitez-le toujours ! S’il
ne revient pas, ne vous énervez pas : un chien qui vous sentirait tendu
n’acceptera pas de vous obéir car il sait qu’il n’aura
aucun plaisir à vous écouter, justement, le chien se dira que
ça sent la punition et donc, qu’il vaut mieux s’éloigner
!
- « Non » : Ce mot devra être appris par votre chiot, il est
simple, ne comporte qu’une syllabe, direct et très bien appris
par le chiot car la voix qui l’accompagne est généralement
catégorique et directe. Ce mot est donc celui qui accompagne l’erreur
d’un chien.
- « Ne saute pas » : Sur les gens en particulier ! Votre chiot risque
d’être le premier à accueillir des étrangers en leur
sautant dessus. Cet acte n’est pas souhaitable, c’est pourquoi dés
qu’il saute sur quelqu’un, il faudra le retenir en lui disant «
ne saute pas ».
Le club de dressage, avant de jeter votre dévolu sur un club de dressage,
vérifiez plusieurs choses :
- Les dresseurs ne crient pas les ordres !
- Les dresseurs ne récompensent pas systématiquement les obéissants
ni ne réprimandent systématiquement les désobéissants.
- Les dresseurs ne font pas adopter des positions de soumission à un
chien devant d’autres chiens !
- Les jeux sont en bon état : pas de clous rouillés dépassant,
d’écharde de bois etc.
La puberté :
La puberté est une période critique chez le chien car cette phase est synonyme de bouleversement hormonal et donc : d’une métamorphose sur le plan physique et comportement.
Que se passe-t-il comme développement comportemental ?
Une métamorphose hormonale : A la puberté, les glandes sexuelles
se mettent à produire des hormones qui modifient :
- Le corps du chien : muscles, organes sexuels externes.
- La chimie interne et cérébrale du chien : création de
protéines, diminution de la régulation des transmissions chimiques
sur les synapses des neurones à dopamine qui contrôlent l’agressivité
entre autre. Production de phéromones.
- Le comportement : « Lever de patte » chez le chien mâle,
les femelles accomplissent également ce fait mais plus particulièrement
lors des chaleurs. Ce « lever de patte » sert à marquer un
territoire en dévoilant sa « carte d’identité »
aux autres, notamment sur son niveau hiérarchique et sur sa receptivité
sexuelle. En effet, il faut savoir que dans une meute, seuls les dominants ont
le privilège de se reproduire ! Donc, la production de phéromones
dans les urines provoquent : une attirance des mâle envers les femelles
en oestrus (chaleurs) et une compétition entre les mâles pour le
droit à la reproduction !
Une période de sensibilisation : Par rapport au contact sociaux. Dans
les meutes de loups, le chien pubère se méfie des inconnus, c’est
pourquoi, il faudra continuer à habituer son chien, à le sensibiliser,
aux étrangers et aux stimulis divers affin de ne pas les perdre.
L’enseignement :
Hiérarchisation des adultes : Toute tentative d’expression de la
sexualité, d’alimentation en premier et de passage en premier seront
sévèrement réprimandé !
Le chien pubère :
- Ne prendra pas de décision à votre place !
- Ne se fera pas caresser à sa demande !
- Sera réprimander à la moindre provocation concernant les manifestations
sexuelles, l’alimentation et le droit de passage.
Chien adulte :
Ca y est ! Votre chien est adulte et est un être social si vous avez respecté tous les aspects de son apprentissage. Vous avez appris à communiquer avec lui, il vous aime et vous l’aimez, vous allez vivre ainsi pendant 15 ans voir plus.
Prochain article : Les différents comportements agressifs
Sources :
Dr Dehasse J., L’éducation du chiot de 0 à 6 mois, Montréal,
Ed. de l’Homme, 1983
Dr Dehasse J., Chiens hors du commun, Montréal, Ed. Le Jour, 1996
Pr Gossiaux P.P., L’homme et la nature, Syllabus de maîtrise en
psychologie, Université libre de Liège, 1998 .
Pr Gossiaux P.P., Anthropologie culturelle, Syllabus de perfection en anthropologie
culturelle, Université libre de Liège, 2000.
Dr Dehasse J., L’éducation du chien, Montréal, Ed. Le Jour,
1998
Dr Ruwet J., Ethologie générale, Syllabus de perfection en éthologie,
Université Libre de Liège, 2001.
Dr Dehasse J. & Dr De Buyser C., Mon chien est d’une humeur…
de chien, Bruxelles, Ed. Vander, 1998
Pr Pageat P., Manuel de pathologie comportementale canine, Paris, Le point vétérinaire,
1995
Pr Scott & Pr Fuller L., Dog behavior, Chicago, The university of Chicago
Press, 1965
Woodcock D., Eukanuba printemps / été, Magazine, 2002
Grosemans D. & Delespaux V., Wouf n°391, Magazine, 2001
Dobroruka Ludek J., Chiens, Ed. Gründ, Prague, 1990
Auteurs divers, La passion des chiens, Ed. Gründ, Prague, 1974
« L’éducation du chiot, Laurence »
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